Un peuple sans éducation, sans instruction, est un peuple sans avenir. Depuis une vingtaine d’années, l’école centrafricaine est à vau-l’eau. Nul ne saurait à la vérité dire le nombre d’années blanches que notre pays a connues. Il y a celles, officielles, et celles, non officielles. Jadis nos voisins venaient étudier dans nos écoles, à cause de l’excellence du système centrafricain. Désormais ils viennent parce qu’il suffit d’offrir quelques bouteilles de bière pour avoir de bonnes notes.

Reflet d’une société en faillite, l’école centrafricaine offre un visage hideux. Les notes, désormais, se mesurent au nombre de bouteilles de bière, d’argent et d’autres pratiques inavouables par pudeur.

Que dire des infrastructures. Plus de toitures, plus de tables-blanc, dans un pays où le bois est pourtant abondant et de bonne qualité. On serait bien en peine de dire le nombre d’écoles construites ces dernières années. Devant la pénurie évidente des salles de classe, des enfants se relaient, allant à l’école pour deux ou trois heures afin de laisser la place aux autres. Les parents sont sollicités pour payer les tables-banc.

 Au niveau de l’attribution des bourses, c’est une autre contradiction. Ces allocations, supposées aider les nécessiteux à achever leurs études, dans une promesse républicaine et laïque, sont devenues le privilège des enfants des hommes du régime en place. Comme conséquence, le taux de déperdition est très élevé. Et comment ne pas être révolté en pensant aux destins brisés d’hommes brillants qui auraient pu rendre de fiers services à la nation.

Face à cette situation, une redéfinition de l’école centrafricaine s’impose. Au delà de l’antienne de la recherche de l’adéquation formation-emploi, c’est un retour à l’excellence et à l’éthique de la part des enseignants qu’il faut plaider. C’est d’abord et avant tout de la responsabilité de l’Etat de créer les conditions de vie décentes pour ces enseignants, afin d’éviter qu’ils tombent dans les travers.

Aux professionnels du pessimisme qui n’arrêteront pas de soulever la question des moyens, nous opposerons ce que le gouvernement de transition a récemment a fait, c’est à dire faire disparaître un milliard deux cent millions de francs CFA. Cette somme est suffisante pour construire une bibliothèque digne de ce nom à l’Université de Bangui.

Le P.A.T.R.I.E. s’engage à construire des écoles chaque année, équipées de matériels parlant des réalités centrafricaines et de l’histoire centrafricaine, dans une démarche de réappropriation de notre passé, de notre histoire, condition sine qua non de l’émergence de la personnalité du Centrafricain nouveau. Ainsi, quand il saura que des hommes se sont battus et ont vécu dans des Etats au sens moderne du mot, ce sera un facteur déterminant pour se départir de ce complexe d’infériorité

 La crise est d’abord une crise d’hommes, une crise qui se nourrit de l’absence de formation qui crée ce complexe d’infériorité qu’on constate chez les centrafricains. Aussi la politique des cinq régions universitaires, à l’Est, à l’Ouest, au Nord, au Centre et au Sud. Non seulement cela permet de redonner vie aux villes de l’intérieur qui se meurent, avec la construction des universités, le déploiement de l’administration pour accueillir professeurs, personnels et étudiants, donc les activités économiques allant avec cela notamment banques, supermarchés; surtout gage de brassage culturel.

Le Recteur, ainsi que les Doyens, devront être élus, par leurs collègues.

 Bref, il nous faut une université ouverte sur la vie, sur d’autres horizons, capable de fournir aux élites les outils indispensables pour faire face aux défis d’ un monde où la compétition est la règle.

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