Elle commande toute initiative socio-économique et explique sans doute le faible niveau d’investissements dans notre pays en termes de capitaux étrangers. C’est connu, pas d’investissements sans sécurité. Ces dernières années, beaucoup d’opérateurs économiques ont perdu foi dans la capacité de notre système politique et économique à protéger leurs investissements et surtout imposer une certaine transparence, susceptible de garantir à tous et à chacun une égalité de chance dans la concurrence. Après avoir vu le fruit de durs labeurs partir en fumée, ils ont, avec raison, décidé de faire dans un attentisme destructeur pour l’économie nationale. Afin de rétablir cette confiance, notre pays doit redevenir ce qu’il fut jadis : un havre de paix. Il convient de distinguer ici les deux rôles, quoique complémentaires, joués par l’armée, d’un côté, et la police et la gendarmerie de l’autre.

  • La police et la Gendarmerie.

Ces deux entités doivent être restructurées, en mettant l’accent sur la discipline de corps, qui évite que de valeureux policiers et gendarmes ne se transforment en bandits armés, donc constituant un danger pour une société qu’ils sont censés protéger et servir.

Policiers et Gendarmes doivent une ultime obéissance à l’autorité politique. Or, nous avons assisté à des scènes où des détenteurs d’une portion de l’autorité de l’Etat ont été malmenés par des hommes en armes, humiliés, tabassés sur la place publique, quand ils ne sont pas tués, créant ainsi une perte des repères et une confusion dans la population quant à savoir qui doit obéir à qui.Les-Gendarmes-centrafricains-formés-par-la-Sangaris

Il urge donc d’inculquer à ces hommes l’éthique républicaine. Ainsi, ils encourront immédiatement une sanction s’ils demandent des pourboires aux citoyens, après enquête par le Service du Civisme qu’il faudra instituer.

La police et la Gendarmerie doivent mener une politique agressive contre les détentions illégales d’armes, source de troubles sociaux, notamment les braquages. Mais attention, il ne s’agit pas de répéter cette barbarie qui a consisté un moment à des exécutions sommaires de personnes simplement soupçonnées.

Nous réaffirmons notre attachement à la déclaration universelle des droits de l’homme, et au principe sacro-saint de la présomption d’innocence. Tant qu’une décision n’aura pas acquis l’autorité de la chose jugée, rien ne saurait justifier ces actes ignobles. Ce qui reste certain, c’est que la main de la justice sera particulièrement lourde pour ceux qui seront reconnus coupables par une cour de justice.

  • L’armée nationale.

Elle est appelée à jouer son rôle traditionnel qui est la défense de l’intégrité territoriale. Or, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’intégrité de notre territoire est constamment violée. Ainsi, des coupeurs de routes, des groupes armés, peuvent sans coup férir s’installer sur le territoire national, semant la terreur, créant un enclavement intérieur aux effets dévastateurs. Il est intolérable d’être exilé dans son propre pays, incapable de circuler librement. L’armée a donc besoin de moyens pour mener à bien cette tâche dont dépend notre fierté nationale. Elle doit également cesser d’être au service d’un pouvoir pour représenter le peuple dans son ensemble. Il ne s’agit pas bien entendu de divertir les maigres ressources de l’Etat au profit d’achats militaires. Avec peu, gérer rigoureusement, on peut faire beaucoup. Un contrôle sévère dans le processus de recrutement doit-être mis en place, afin d’éviter de créer une armée mono ethnique aux conséquences tragiques.

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A cet effet, la Commission Défense à l’Assemblée nationale disposera de prérogatives susceptibles de remédier à ce genre d’anomalies. Cette Commission, en conservant son indépendance, au nom du principe de séparation des pouvoirs et parce que dépositaire du suffrage universel, travaillera néanmoins étroitement avec les membres du Conseil National de Sécurité et le Ministère de la Défense.Il importe également de construire des casernes loin des centres urbains.

Le contrôle de la gestion des ressources de l’armée, ainsi qu’une évaluation de ses demandes réelles, seront placés de manière ultime sous l’autorité du Conseil National de Sécurité.