Une seule phrase suffirait à expliquer la diplomatie que nous comptons mener durant notre mandature : efficacité au service du prestige national.

Nous allons désormais exister par nous-même, sans nul besoin de la caution de quiconque, brisant ainsi le cercle honteux de notre non-existence dans la sous-région. Nous allons nous révéler au monde tel qu’en nous-même, c’est à dire un pays pauvre, certes, mais sourcilleux sur sa fierté et désireux de se battre pour avancer résolument sur le chemin du progrès. Il n y a aucune honte à être pauvre. La honte, c’est d’être pauvre et refuser de se battre pour s’en sortir.

diplomatieNous allons refuser que notre pays continue d’être le théâtre privilégié des jeux de puissance et de rivalités sous régionales, avec la bénédiction de certains acteurs politiques qui sacrifieraient leur honneur et même le peuple Centrafricain pour quelques lignes complaisantes dans la presse internationale.

Nous savons depuis Sankara et le Burkina Faso, depuis Konaré et le Mali, depuis Senghor et le Sénégal, que le rayonnement international n’est pas toujours une question de moyens financiers. Il y a d’abord et avant tout la volonté de leadership, c’est à dire la décision d’un Etat de se faire une place dans l’arène internationale par les hommes qui l’incarnent, leur inlassable poursuite de l’efficacité. Quand nos autorités politiques se croient obligées de s’aligner sur des positions dictées par d’autres, nous estimons que c’est chaque fois une parcelle de notre fierté, ou du moins le peu qui en reste, qui part en fumée.

 Désormais, le destin de notre pays, ses prises de positions, doivent se décider à Bangui, pas dans une autre capitale africaine.

Concernant les ambassades centrafricaines, si l’Etat s’estime incapable de maintenir leur fonctionnement dans certains pays, il convient de les fermer car leur existence constitue une honte nationale, avec ces téléphones coupés, l’eau, l’électricité, et ces Ambassadeurs réduits à faire de l’auto-stop, incapables de recevoir leurs collègues faute de moyens. Il conviendra de procéder à un recentrage de nos représentations à l’étranger, en fonction de leur utilité en termes de contacts susceptibles d’aboutir à des investissements. On l’aura compris, il s’agira d’une diplomatie utile. Voilà pourquoi nous parlons d’efficacité au service du prestige national.

Nous avons une nation à réinventer. Pour atteindre cet objectif, seule une certaine fureur d’exister peut y conduire.

Il nous faut littéralement investir les organisations internationales. Mais il convient d’arrêter cette boulimie qui s’est emparée de nos dirigeants à toujours être les premiers à ratifier traités, conventions et accords quand ils ne sont pas capables de faire face aux obligations qui en découlent. Nous déciderons judicieusement de notre représentation dans certaines organisations. Et dans celles qui nous sont utiles, il nous faut y envoyer des Centrafricains brillants, sans considération aucune de leur marquages politiques. Notre sous-représentation dans les organisations internationales est devenue anecdotique. Notre pays préfère ne pas envoyer de représentants, parce qu’en général il faut réciter l’évangile du régime pour être proposé. Résultat, les candidats proposés, fidèles au régime, provoquent la risée de leurs collègues parce que pas du tout qualifiés.International

Nous savons bien l’extrême prudence de certains, qui, sur la question de la fierté nationale, conseille un langage modéré, quand ils savent bien que cette attitude a détruit notre pays. Eh bien, si, par extraordinaire, le P.A.T.R.I.E. était le seul à ne pas faire dans les petits calculs politiciens, pour arriver au pouvoir, nous prendrons nos responsabilités.

 Mais nous sommes persuadés que seule une attitude vraiment nationaliste pourra entrainer une renaissance nationale, et envoyer un message clair en direction de tous les maitres-marionnettistes.